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Moscou et Pékin ont surtout voulu protéger Téhéran

08 Feb

Toujours sous le choc du double veto russe et chinois, la presse atlantiste et du Golfe accuse Moscou et Pékin de relancer la Guerre froide tout en s’interrogeant sur les moyens de contourner la décision du Conseil de sécurité.

Tous estiment que Russes et Chinois ont été échaudés par l’affaire libyenne. Toutefois, à la réflexion, il apparaît que Moscou et Pékin ne cherchent pas à présenter la facture de Libye, ni à protéger l’administration el-Assad elle-même, mais à prévenir la réédition de ce type d’opération dans un autre pays. En toile de fond, c’est de l’Iran dont on parle implicitement ; un Etat dont le basculement serait grandement préjudiciable à la Russie et à la Chine.

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• Dans Le Figaro, Georges Malbrunot présente la Syrie comme un pays sous contrôle des militaires russes. Il assure que le ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov est venu à Damas négocier le Niet ! à l’ONU en échange de la réouverture de la base d’écoute soviétique du Mont Qassioum. C’est faux pour deux raisons : D’une part, ce sont les Syriens qui sont demandeurs depuis longtemps. Au cours des dernières années, ils ont multiplié les offres gratuites à l’armée russe, afin que sa présence protège le pays, et ce sont les Russes qui ont décliné ces propositions. D’autre part, en matière d’écoutes, les besoins techniques ne sont plus les mêmes aujourd’hui qu’à l’époque soviétique.

• Libération innove en matière de reportages : le quotidien reproduit des témoignages recueillis par téléphone, sans vérification aucune. Rien d’étonnant à ce manque de professionnalisme : la journaliste Hala Kodmani n’est autre que la sœur de la porte-parole du Conseil national syrien.

• Junge Welt prend position pour le dialogue contre la guerre en Syrie. Le quotidien marxiste relaie la campagne des l’Association internationale des médecins contre la guerre.

• Le Tageszeitung rapporte que, si tous les Européens sont d’accord sur les sanctions, ils ne les mettent pas pour autant toujours en œuvre. Ainsi la Suède protège ses marchés et ferme les yeux sur les exportations de matériels de télécommunication par Ericsson.

• Pour Anna Zafesova, dans La Stampa, le soutien de la Russie à la Syrie est purement à usage intérieur en campagne électorale. Mais alors, quid de la Chine ?

• El Pais présente la stratégie de remplacement des Etats-Unis : ils vont former un groupe des amis de la Syrie avec les Etats qui le souhaitent. Ce geste manifestera aux Etats arabes qu’ils n’ont pas été abandonnés. En réalité, il s’agit plutôt de verrouiller l’influence US dans la région et d’éviter que de nouveaux Etats soient tenté de prendre Moscou et Pékin comme protecteurs.

• The Globe and Mail assure que le Canada poursuit la bataille diplomatique. Le Premier ministre Stephen Harper, qui se rend en Chine, ne manquera pas de discuter du cas syrien avec le Premier ministre. Il s’agit surtout de masquer qu’Ottawa ne fermera pas son ambassade à Damas, malgré les objurgations de Washington.

• Dans le New York Times, Will Englud évite de se livrer aux habituelles imprécations anti-Russes. Il évoque, parmi les possibles mobiles du veto, l’influence de l’Arabie saoudite et du Qatar sur les mouvements islamistes en Russie.

• Alors qu’Haaretz publie un dessins satirique suggérant qu’une chute d’el-Assad serait préjudiciable au Hezbollah, Amors Harel envisage un autre scénario : les armes chimiques de la Syrie pourraient échoir dans l’arsenal du Hezbollah.

• L’analyste A. G. Noorani explique, dans The Hindu, que rien ne pourra être fait pour les Syriens tant que planera le spectre du « changement de régime » forcé. Personne ne croit les dirigeants occidentaux lorsqu’ils disent qu’ils n’ont pas de telles intentions et leurs garanties sur le papier n’ont aucune valeur depuis qu’ils ont violé la résolution pertinente de l’ONU pour renverser Kadhafi.

• L’éditorialiste du Times of India souhaite que son pays s’engage dans la crise syrienne et joue le négociateur. Mais cela supposerait que New Delhi s’affirme comme puissance réellement indépendante. A contrario, le sens de l’éditorial est de se démarquer des États-Unis, sans pour autant s’aligner sur la Russie et la Chine.

• Le Moscow Times note que non seulement Sergey Lavrov a réagi vigoureusement à la campagne anti-Russe en la qualifiant d’hystérique, mais Evgeni Primakov a accusé les Etats-Unis d’utiliser le contexte du Printemps arabe pour renverser les régimes qui leur déplaisent.

• Le ministère chinois des Affaires étrangères a rejeté les accusations occidentales selon lesquelles il avait désormais du sang sur les mains, note China Daily. Il a déclaré avoir usé de son veto par souci de justice, ce qui revient à dire que les Occidentaux poursuivent un but injuste.

http://www.voltairenet.org/Moscou-et-Pekin-ont-surtout-voulu

 
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Posted by on February 8, 2012 in Uncategorized

 

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